viernes, febrero 14, 2014

L'espagnol, notre grande maison commune (réédition

)

Je reproduis ici mon article du 09.08.2007 parce qu'il continue à être d'une actualité extrême malgré son âge.
Je le fais aussi pour remercier mes compagnons de la "Porte de Brandebourg" pour l'honneur qu'ils me font en me reconnaissant comme un des leurs et pour leur travail précieux et irremplaçable en faveur du Bien Commun de la Solidarité Hispanique et Espagnole, double solidarité garantie par la langue espagnole, aussi bien dans la péninsule ibérique que dans le reste du monde.
L'espagnol, notre grande maison commune
L'espagnol comme langue commune d'Espagne, d'une grande partie de l'Amérique et d'autres pays, y est officielle parce qu'elle est leur koiné; ce qui signifie qu'elle leur est commune dans le sens qu'elle permet à tous leurs locuteurs de se comprendre sans besoin de traduction ni d'interprétation.
Cet avantage communicationnel est comparable à celui qu'offrent à tous ceux qui y vivent, comme protection contre les intempéries, le toit, les fondations et les murs communs d'une grande maison communautaire. Dans les deux cas, l'avantage commun existe sans préjudice des avantages différentiels dont le locuteur ou l'habitant peuvent continuer à jouir dans leur vie plus privée. Dans les deux cas, ils continueront à se servir pour la vie communautaire de cet avantage en commun qu'ils considèrent aussi comme personnel.
Il faut savoir que nous, les linguistes, nous considérons comme koiné la "Langue commune qui résulte de l'unification de certaines variétés idiomatiques" DRAE. L'espagnol, né comme langue métisse du castillan, non pas en solitaire, mais en relation sociogénétique avec beaucoup d'autres langues, a été cherché et accepté dans toute l'Espagne et dans toute l'hispanophonie comme langue métisse de vie en commun; son utilité n'a pas été imposée, elle a été engendrée après avoir été recherchée. De part et d'autre de l'Atlantique et de la Méditerranée, dans les siècles passés comme aujourd'hui, les gens recherchaient et recherchent l'espagnol comme véhicule de culture, d'union, d'ascension sociale.
La guerre des langues est une invention récente de petits groupes extrémistes, qui ont placé les langues minoritaires au service de leurs ambitions politiques, en les transformant en armes de jet nationalistes. Chaque groupe la sienne, comme à Babel, lieu diabolique qui met en scène la ruine du Bien Commun par la perte du sens commun et de la langue communautaire qui le rendaient possible. Ce qui caractérise ces nationalistes, ennemis acharnés du Bien Commun, c'est qu'ils le soient de nations qui n'ont jamais existé comme telles. Avant cette invention, il n'y avait pas de guerre des langues : la langue commune et les langues minoritaires vivaient ensemble, en accomplissant chacune sa mission propre. Et c'est ainsi, en réalité, que la majorité des locuteurs continuent à les pratiquer : la langue commune pour le Bien Commun de la grande communauté de concitoyens, sans exclure personne, et la langue minoritaire pour les relations familiales et cordiales propres à chaque groupe.
La recherche du monolinguisme, portée par les nationalistes, a été démasquée et condamnée de manière très juste par le distingué linguiste basque Miguel de Unamuno, dans un texte des années trente du siècle passé, texte que les nationalistes basques, catalans et galiciens occultent jalousement, par crainte de voir dévaloriser leur effort pour déconnecter leur peuple du monde et pour le maintenir dans sa dépendance exclusive totalitaire.
Rendre obligatoire la connaissance d'une langue minoritaire, alors qu'il existe déjà une langue commune, c'est œuvrer contre la justice, en imposant par caprice totalitaire une obligation en dehors de toute nécessité. Dans les territoires où la totalité des personnes parlent la langue commune et où personne, excepté les extrémistes, ne veut éliminer les autres langues, à quoi mène ce conflit entre les langues minoritaires et la langue commune ? "Les langues communes ont été inventées pour unir, pour se comprendre à l'intérieur et à l'extérieur" (R. Adrados). Ce qui pourrait arriver de pire aux défenseurs du monolinguisme des langues minoritaires, ce serait de gagner ces guerres isolationnistes, parce que leurs locuteurs se trouveraient réduits dans leur capacité de communication à de minuscules territoires isolés.
La recherche d'une koiné n'est pas seulement l'affaire des peuples hispaniques, mais il s'agit d'un phénomène panchronique général. Les grandes cultures, aussi bien européennes que non européennes, parmi lesquelles on peut rappeler à titre d'exemples aussi bien la celte, la latine et la grecque que la sanscrite, l'arabe et la chinoise, ont répandu de grandes langues communes, pour que leurs locuteurs se comprennent autant dans le milieu culturel que religieux, administratif et économique, sans exclure le milieu personnel et familial mais au contraire en le favorisant.
Dans les grandes nations il y a une seule langue commune, dont la caractéristique principale n'est pas l'origine plus ou moins prestigieuse, mais bien le fait d'être recherchée par tous comme langue commune. C'est ce qui s'est passé pour le latin dans l'Empire romain, pour l'espagnol dans les pays hispaniques et pour l'anglais dans le Commonwealth, etc. Ces langues comme toutes les langues communes ou koinés sont "un phénomène socio-politico-culturel qui répond à la nécessité de se comprendre dans un vaste territoire. C'est quelque chose de pré-politique et de post-politique, seulement secondairement politique". (R. Adrados).
"Imposer aux langues communes un châtiment et une persécution est une régression. Un mal pour tous. C'est aller contre l'histoire, la compréhension mutuelle et le progrès". (R. Adrados). C'est comme si les habitants d'une maison communautaire décidaient de supprimer le toit, les fondations et les murs extérieurs communs, pour rester dans leurs appartements respectifs suspendus dans les airs. Cependant, c'est ce qu'on fait aujourd'hui en Espagne avec l'espagnol, deuxième langue commune de niveau international. Les nationalistes anti-hispanistes prétendent exposer aux intempéries cinq cent millions de locuteurs dont la maison commune est la langue espagnole.
Ces idées fondamentales et beaucoup d'autres, nous les avons apprises depuis les années cinquante et soixante, aussi bien en Espagne que dans le reste d'Europe, nous tous qui avions des oreilles pour les entendre, ou des yeux pour les lire, de la bouche et de la plume de notre grand maître de l'hellénisme, du comparatisme, de l'humanisme et de la linguistique générale Francisco Rodríguez Adrados.
Aujourd'hui, du haut de ses lucides quatre-vingt-quatre ans bien accomplis (91 en 2014), Adrados nous le rappelle avec toujours la même clarté, le même courage et la même attention chaleureuse.
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La lengua común de España
por Francisco RODRÍGUEZ ADRADOS,
de las reales academias de la Lengua y de la Historia
Sobre el español como lengua común de España y no sólo de España, también de gran parte de América y de otros países, hablé en el Congreso de Academias de la Lengua Española en Cartagena de Indias, el marzo pasado. Lo repetí en alguna conferencia. ¿Por qué no insistir aquí?
Vean lo que dice el Diccionario de la Academia, en el lema «español», en su uso masculino y substantivo: «lengua común de España y de muchas naciones de América, hablado también como propia en otras partes del mundo».
Si es oficial, como dice la Constitución, es porque es común, no al revés; y si el Estatuto de Cataluña lo admite como oficial porque es oficial en el Estado (se entiende que español), esto es un sofisma. Es lengua común, simplemente, porque es común. Y es propia de todos. Son hechos. No en el sentido de «común» como vulgar o popular (hay el francés, el alemán común), sino en el sentido de que es communis, propio de todos. Una traducción del término griego que usamos los lingüistas: koiné.
Había múltiples lenguas o dialectos griegos y había múltiples lenguas en los territorios que conquistó Alejandro: en Egipto, Persia, India, etc. Pero todos aceptaron una lengua común: el griego evolucionado, descendiente del ático, que llevaron consigo los macedonios. El que valía para entenderse. También lo escribían los búlgaros, los nubios, los romanos. Como luego hablaban en latín (otra lengua común) los sirios y britanos, los iberos y los númidas. Entre otros.
Una lengua común no suprime a las otras, vive junto a ellas para que todos se entiendan. Pero en España campañas interesadas tratan de ocultar los hechos: según ellas (llegaron a la Constitución, contra Dámaso Alonso, que dirigía la Academia Española) el español es castellano, es decir, una lengua regional (lo fue en el origen, ciertamente) invasora de las «lenguas propias». Como mucho, es «oficial», algo que impone el Boletín.
Pues no: el español, nacido del castellano, fue buscado, aceptado en toda España como lengua de convivencia: no impuesto, buscado. En Cataluña y en toda España desde el siglo XIV y aún antes. En América desde el XVI: los frailes beneméritos que predicaban en las lenguas indígenas, fracasaron. Colón, en su segundo viaje, encontró indios que hablaban español. Luego creció, fue imponiéndose.
La rebelión de Tupac Amaru, en el XVIII, hacía su propaganda en español. Los independentistas lo aceptaron. ¿Por qué? Hubo sin duda algunos intentos de imposición, bien publicitados. Pero lo esencial es que la gente buscaba el español, vehículo de cultura, de ascenso social, de unión. Aquí y allí. Que hubiera un reflejo del poder político no se duda, pero era, sobre todo, un hecho cultural y social. Las otras literaturas desaparecieron, prácticamente, desde el XIV y el XV. No se difundían, no interesaban.
Pero no había guerra de lenguas: la común y las minoritarias convivían. Así sigue, en realidad. Pero hay pequeños grupos que han puesto la lengua al servicio de sus ambiciones políticas, la han hecho un arma nacionalista. Nacionalista de naciones que nunca existieron como tales. Hay varios libros sobre el tema de las lenguas de España, la común y las otras. No voy a citarlos. Explican con datos y estadísticas las ofensivas nacionalistas contra el español, su búsqueda del monolingüismo.
Y cómo la Constitución es mil veces vulnerada. La última vez, por el nuevo Estatuto Catalán cuando (art. 6) hace obligatorio el conocimiento del catalán. Fuera de toda necesidad cuando ya existe una lengua común. Pura confrontación, a la que ayuda la antidemocrática Ley Electoral. Veremos qué dice el TC. Un señor Puigcercós añade que hay que apretar los tornillos: que él no tiene miedo a las guerras lingüísticas. Ya los aprietan bastante: prohibiciones, exigencias para ejercer cualquier puesto, multas, inspecciones, prebendas a los fieles, discriminación en la enseñanza. Y el PSC (y aun el PSOE) se catalaniza, piensa que es rentable. Y el PP ha blandeado desde que defenestraron a Vidal Quadras, Piqué ha sido un error. Veremos ahora.
Yo sí tengo miedo a esas guerras. Son guerras de pequeños grupos, que acomplejan o seducen a los demás, guerras en territorios donde no había guerras, guerras que crean problemas y mala sangre. Hay en la Historia mil ejemplos. En territorios donde el 100% de las personas habla español y nadie quiere eliminar las otras lenguas, las minoritarias, ¿a qué ese conflicto? Las lenguas comunes se han inventado para unir, para entenderse dentro y fuera. Y las minoritarias tienden a perder esas guerras. Puigcercós teme que podría haber una Cataluña independiente que hablara castellano. No me extrañaría, ya ven Irlanda: independiente y hablando inglés. Y lo peor que podría pasarles a las lenguas minoritarias es ganar esas guerras. Quedarían reducidas a mínimos territorios aislados.
Esos nacionalistas deberían estudiar un poco de historia lingüística. Disculpen que les recomiende un libro mío, mi Historia de las lenguas de Europa, que voy a sacar tras el verano. Habla de las lenguas comunes: no es cosa sólo de España, sino que es un fenómeno europeo y general. Igual que en España, en las grandes naciones solo hay una sola lengua común. A partir de territorios mínimos se crearon y difundieron las grandes lenguas comunes, buscadas por todos. No solo el castellano, hecho luego español, también el francés y tantas lenguas más.
Así el alemán (el dialecto franconio de Lutero), y el inglés (producto de la fusión de varias lenguas germánicas y una dosis de francés), el italiano (el florentino, no generalizado hasta el siglo XIX), el ruso en su variante de Moscú, del XVIII. Y otras lenguas comunes más. Son un fenómeno socio-político-cultural, responde a la necesidad de entenderse en un amplio territorio. Como en la Antigüedad griega y romana. Es algo prepolítico y postpolítico, solo secundariamente político. Y a nadie se le ha ocurrido enfrentar al alemán con el «okattdeutsch», una lengua diferente, o al italiano con el napolitano y el véneto, ni siquiera con el corso que es también una lengua diferente. Porque el estado natural de las lenguas no es ése de las grandes lenguas comunes, estas son una creación de la historia. Es el de un pulular de lenguas y dialectos. Dicen que en la mitad de Nueva Guinea hay 750. ¿Y qué decir de la América precolombina (donde fueron los misioneros quienes, para difundir su doctrina, extendieron el nahua, el quechua, el guaraní)? ¿Y del África negra?
Las grandes culturas europeas, y otras no europeas como la árabe y la china, expandieron grandes lenguas comunes. Para entenderse en el ámbito personal, en el ámbito cultural, en el administrativo, el económico. No excluían la existencia de otras lenguas, ciertamente. Pero someter a las lenguas comunes a castigo y persecución es regresión. Mal para todos. Es ir contra la historia, el mutuo entendimiento y el progreso.
Hoy el español es la segunda lengua internacional (el hindi y el chino, con más hablantes, no son internacionales). Une no solo a los pueblos de España sino a muchos otros más. Crece. Eso sí, tiene un problema en España, todos lo saben. Creo que ya sería el momento de poner una solución racional a un problema nada racional, un problema en realidad inexistente, fomentado artificialmente. Pero nadie se atreve, ni Gobiernos ni instituciones, temen agravar las cosas.
Pero las cosas, no atendidas, se agravan solas. Se está viendo. Con una lengua común, cierto que obligatoria, es suficiente, para eso se inventaron. Y la lengua común, en Cataluña, en España y en veinte naciones y para mucha gente más, es el español. Hay en América y España, aquí y allá, además, lenguas entrañables. Pero minoritarias: con una obligatoria, que entiendan todos, es suficiente. No hay que forzar las cosas. Sin agravio para nadie. Con respeto para todos.
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09:15 Écrit par SaGa Bardon dans Actualidad,

miércoles, febrero 12, 2014

L'archevêque franciscain de Tanger dénonce le traitement inacceptable des émigrants africains


Pour Fr. Santiago Agrelo Martínez, archevêque de Tanger, les événements de ces dernières semaines sur le territoire de son archevêché, sur les territoires voisins et dans les eaux de la Méditerranée exigent de transformer la douceur de l'exhortation en dénonciation de ce qui est inacceptable.
Les destinataires de cette dénonciation sont non seulement les responsables des politiques migratoires pratiquées en Europe, qu'ils soient régionaux, nationaux ou européens, mais aussi les électeurs européens, qui ne sanctionnent pas par leur vote les politiciens qui les légalisent et parmi lesquels il faut dénoncer aussi, avec des arguments évangéliques qu'on ne peut éluder, les croyants chrétiens qui sont inconséquents avec leurs propres croyances.
Ce qui est inacceptable :
Il est inacceptable que la vie d'un être humain ait moins de valeur qu'une prétendue sécurité ou imperméabilité des frontières d'un état.
Il est inacceptable qu'une décision politique remplisse de cadavres un chemin que les pauvres parcourent avec la force d'une espérance.
Il est inacceptable que des marchandises et des capitaux jouissent de plus de droits que les pauvres pour entrer dans un pays.
Il est inacceptable que les politiques migratoires des pays dits développés ignorent les appauvris de la terre, affaiblissent leurs droits fondamentaux et deviennent le bouillon de culture nécessaire pour multiplier sur les routes des émigrants les mafias qui les exploitent.
Il est inacceptable qu'il y ait des frontières imperméables aux pacifiques de la terre et qu'il n'y en ait pas pour l'argent de la corruption, pour le tourisme sexuel, pour la traite des personnes, pour le commerce des armes.
Il est inacceptable que la politique oblige les forces de l'ordre à supporter leur vie entière la mémoire de morts qu'elles n'ont jamais voulu provoquer.
Il est inacceptable que le monde politique n'ait pas une parole crédible à donner et une main ferme à offrir aux exclus d'une vie digne.
Il est inacceptable qu'on transforme les morts aux frontières en coupables, d'abord de leur misère, ensuite de leur mort. Ce ne sont pas des agresseurs : ils ont été attaqués depuis que leurs cœurs ont commencé à battre au sud du Sahara et jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent pour toujours dans la mer de notre indifférence.
Il est inacceptable que le négrier d'hier survive dans les gouvernements qui aujourd'hui recommencent à enchaîner la liberté des africains, en la subordonnant aux intérêts économiques d'un pouvoir oppresseur.
De l'impuissance à l'espérance :
Chères sœurs, chers frères,
Devant le drame de souffrances et de mort que sont devenus les chemins des immigrants à cause du pouvoir, il est difficile d'écarter de notre cœur des sentiments de frustration, d'impuissance, de tristesse, d'indignation. Cependant notre engagement envers la vie des pauvres ne naît pas de ces sentiments, mais d'un amour inconditionnel, un amour fidèle, qui nous a été révélé à tous et qui nous a tous réunis pour toujours dans le corps du Christ.
"Ne te ferme pas à ta propre chair" : ne te ferme pas à la souffrance du Christ.
Sur ce chemin, le pouvoir ne peut pas nous suivre. A lui, nous demandons simplement d'être juste. A nous, l'amour nous demande de donner même la vie pour le bien des autres.
Et il y a bien des choses que nous pouvons faire, jusqu'à donner la vie : Nous avons la force de l'amour et de la prière, une force qui est capable de soulever le monde.
Nous pouvons faire en sorte que les émigrants ne soient pas seuls sur leur chemin, et nous pouvons laisser seuls ceux qui, gouvernements ou mafias, leur volent la vie.
Nous pouvons partager avec l'émigrant le peu de bois qui nous reste, le peu d'eau que nous avons, la fin de notre farine ou de notre huile.
Nous pouvons leur donner une voix pour qu'on entende leur cri,
nous pouvons appeler aux portes de chaque conscience pour que la société exige une nouvelle politique des frontières et, avec l'obstination des disciples de Jésus,
nous pouvons rappeler à chaque homme que c'est sa propre chair, et aussi celle du Christ, qui, jour après jour, est condamnée à mort aux frontières du sud de l'Europe.
Chères sœurs, chers frères,
Ne me laissez pas sans votre prière.
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09:37 Écrit par SaGa Bardon dans Actualidad 

martes, febrero 11, 2014

El español, nuestra gran casa común (reedición)

 

Reproduzco aquí mi artículo del 09.08.2007 porque sigue siendo de una actualidad extrema a pesar de su edad. Lo hago también para agradecer a mis compañeros de la "Puerta de Brandemburgo" por su valioso e irremplazable trabajo en favor del Bien Común de la Solidaridad Hispánica y Española, doble solidaridad garantizada por el idioma Español, tanto en la península Ibérica como en el resto del mundo, y por el honor que me hacen reconociéndome como uno de los suyos.
◊ El español, nuestra gran casa común ◊
El español como lengua común de España, de gran parte de América y de otros países, es oficial en todos ellos porque es su koiné; lo que significa que les es común en el sentido de que permite a todos sus hablantes el entenderse sin necesidad de traducción ni de interpretación.
Esta ventaja comunicacional es comparable con la que ofrecen como protección contra la intemperie el tejado, los cimientos y los muros comunes de una gran casa comunitaria a todos los que viven dentro de ella. En ambos casos la ventaja común existe sin menoscabo de las ventajas diferenciales que el hablante o el habitante pueden seguir disfrutando en su vida más privada. En ambos casos seguirán valiéndose para la vida comunitaria de esta ventaja en común que también considerarán como propia.
Conviene saber que los lingüistas consideramos como koiné la "Lengua común que resulta de la unificación de ciertas variedades idiomáticas" DRAE. El español, nacido como lengua mestiza del castellano, no en solitario, sino en relación sociogenética con otras muchas lenguas, fue buscado y aceptado en toda España y en toda la hispanofonía como lengua mestiza de convivencia; su utilidad no fue impuesta, sino que fue engendrada tras ser buscada. Aquende y allende el Atlántico y el Mediterráneo, en los siglos pasados como ahora, la gente buscaba y busca el español como vehículo de cultura, de unión, de ascenso social.
La guerra de lenguas es un invento reciente de pequeños grupos extremistas, que han puesto las lenguas minoritarias al servicio de sus ambiciones políticas, convirtiéndolas en armas arrojadizas nacionalistas. Cada grupo la suya, como en Babel, lugar diabólico que escenifica la ruina del Bien Común por pérdida del sentido común y de la lengua comunitaria que lo hacían posible. Caracteriza a estos nacionalistas, enemigos acérrimos del Bien Común, el que lo sean de naciones que nunca existieron como tales. Antes de este invento no había guerra de lenguas: la lengua común y las minoritarias convivían, cumpliendo cada una su cometido propio. Así sigue practicándolas, en realidad, la mayoría de los hablantes: la común para el Bien Común de la gran comunidad de conciudadanos, sin excluir a ninguno, y la minoritaria para las relaciones familiares y cordiales propias a cada grupo.
La búsqueda del monolingüismo, promovida por los nacionalistas, fue certeramente desenmascarada y condenada por el insigne lingüista vasco Miguel de Unamuno, en un texto de los años treinta del siglo pasado, que los nacionalistas vascos, catalanes y gallegos ocultan celosamente, por miedo de ver desprestigiado su empeño por desconectar a su pueblo del mundo, para mantenerlo en su exclusiva dependencia totalitaria.
Hacer obligatorio el conocimiento de una lengua minoritaria, cuando ya existe una lengua común, es obrar contra la justicia, imponiendo por capricho totalitario una obligación fuera de toda necesidad. En territorios donde la totalidad de las personas hablan la lengua común, sin que nadie, excepto los extremistas, quiera eliminar las otras lenguas, ¿a qué conduce ese conflicto entre las lenguas minoritarias y la lengua común? "Las lenguas comunes se han inventado para unir, para entenderse dentro y fuera" (R. Adrados). Lo peor que podría pasarles a los defensores del monolingüismo de las lenguas minoritarias es ganar esas guerras aislacionistas, porque sus hablantes quedarían reducidos en su capacidad de comunicación a mínimos territorios aislados.
La búsqueda de una koiné no es cosa sólo de los pueblos hispánicos, sino que es un fenómeno pancrónico general. Las grandes culturas, tanto europeas como no europeas, entre las cuales cabe recordar como ejemplos tanto la celta, la latina y la griega como la sánscrita, la árabe y la china, expandieron grandes lenguas comunes, para que sus hablantes se entendieran tanto en el ámbito cultural como en el religioso, en el administrativo y en el económico, sin excluir sino potenciando el ámbito personal y familiar.
En las grandes naciones sólo hay una sola lengua común, cuya característica principal no es su origen más o menos prestigioso, sino el ser buscada por todos como tal lengua común. Así sucedió con el latín en el Imperio Romano, con el español en los países hispánicos y con el inglés en la Commonwealth of Nations, etc. Tanto éstas como todas las lenguas comunes o koinés son "un fenómeno socio-político-cultural que responde a la necesidad de entenderse en un amplio territorio. Es algo prepolítico y postpolítico, solo secundariamente político". (R. Adrados).
"Someter las lenguas comunes a castigo y persecución es regresión. Mal para todos. Es ir contra la historia, el mutuo entendimiento y el progreso" (R. Adrados). Es como si los habitantes de una casa comunitaria decidieran suprimir el tejado, los cimientos y los muros exteriores comunes, para quedarse con sus apartamentos respectivos suspendidos en el aire. Sin embargo, es lo que hoy se hace en España con el español, segunda lengua común de ámbito internacional. Los nacionalistas antihispanistas pretenden hacer vivir a la intemperie a quinientos millones de hablantes cuya casa común es la lengua española.
Estas ideas fundamentales y muchas otras las aprendimos desde los años cincuenta y sesenta, tanto en España como en el resto de Europa, todos los que teníamos oídos para oírlas o leerlas de los labios y de la pluma de nuestro gran maestro del helenismo, del comparatismo, del humanismo y de la lingüística general Francisco Rodríguez Adrados.
Hoy, desde la altura de sus lúcidos ochenta y cuatro años bien cumplidos, Adrados nos las recuerda con la misma claridad, con la misma valentía y con la misma solicitud cariñosa de siempre:
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La lengua común de España
por Francisco RODRÍGUEZ ADRADOS,
de las reales academias de la Lengua y de la Historia
Sobre el español como lengua común de España y no sólo de España, también de gran parte de América y de otros países, hablé en el Congreso de Academias de la Lengua Española en Cartagena de Indias, el marzo pasado. Lo repetí en alguna conferencia. ¿Por qué no insistir aquí?
Vean lo que dice el Diccionario de la Academia, en el lema «español», en su uso masculino y substantivo: «lengua común de España y de muchas naciones de América, hablado también como propia en otras partes del mundo».
Si es oficial, como dice la Constitución, es porque es común, no al revés; y si el Estatuto de Cataluña lo admite como oficial porque es oficial en el Estado (se entiende que español), esto es un sofisma. Es lengua común, simplemente, porque es común. Y es propia de todos. Son hechos. No en el sentido de «común» como vulgar o popular (hay el francés, el alemán común), sino en el sentido de que es communis, propio de todos. Una traducción del término griego que usamos los lingüistas: koiné.
Había múltiples lenguas o dialectos griegos y había múltiples lenguas en los territorios que conquistó Alejandro: en Egipto, Persia, India, etc. Pero todos aceptaron una lengua común: el griego evolucionado, descendiente del ático, que llevaron consigo los macedonios. El que valía para entenderse. También lo escribían los búlgaros, los nubios, los romanos. Como luego hablaban en latín (otra lengua común) los sirios y britanos, los iberos y los númidas. Entre otros.
Una lengua común no suprime a las otras, vive junto a ellas para que todos se entiendan. Pero en España campañas interesadas tratan de ocultar los hechos: según ellas (llegaron a la Constitución, contra Dámaso Alonso, que dirigía la Academia Española) el español es castellano, es decir, una lengua regional (lo fue en el origen, ciertamente) invasora de las «lenguas propias». Como mucho, es «oficial», algo que impone el Boletín.
Pues no: el español, nacido del castellano, fue buscado, aceptado en toda España como lengua de convivencia: no impuesto, buscado. En Cataluña y en toda España desde el siglo XIV y aún antes. En América desde el XVI: los frailes beneméritos que predicaban en las lenguas indígenas, fracasaron. Colón, en su segundo viaje, encontró indios que hablaban español. Luego creció, fue imponiéndose.
La rebelión de Tupac Amaru, en el XVIII, hacía su propaganda en español. Los independentistas lo aceptaron. ¿Por qué? Hubo sin duda algunos intentos de imposición, bien publicitados. Pero lo esencial es que la gente buscaba el español, vehículo de cultura, de ascenso social, de unión. Aquí y allí. Que hubiera un reflejo del poder político no se duda, pero era, sobre todo, un hecho cultural y social. Las otras literaturas desaparecieron, prácticamente, desde el XIV y el XV. No se difundían, no interesaban.
Pero no había guerra de lenguas: la común y las minoritarias convivían. Así sigue, en realidad. Pero hay pequeños grupos que han puesto la lengua al servicio de sus ambiciones políticas, la han hecho un arma nacionalista. Nacionalista de naciones que nunca existieron como tales. Hay varios libros sobre el tema de las lenguas de España, la común y las otras. No voy a citarlos. Explican con datos y estadísticas las ofensivas nacionalistas contra el español, su búsqueda del monolingüismo.
Y cómo la Constitución es mil veces vulnerada. La última vez, por el nuevo Estatuto Catalán cuando (art. 6) hace obligatorio el conocimiento del catalán. Fuera de toda necesidad cuando ya existe una lengua común. Pura confrontación, a la que ayuda la antidemocrática Ley Electoral. Veremos qué dice el TC. Un señor Puigcercós añade que hay que apretar los tornillos: que él no tiene miedo a las guerras lingüísticas. Ya los aprietan bastante: prohibiciones, exigencias para ejercer cualquier puesto, multas, inspecciones, prebendas a los fieles, discriminación en la enseñanza. Y el PSC (y aun el PSOE) se catalaniza, piensa que es rentable. Y el PP ha blandeado desde que defenestraron a Vidal Quadras, Piqué ha sido un error. Veremos ahora.
Yo sí tengo miedo a esas guerras. Son guerras de pequeños grupos, que acomplejan o seducen a los demás, guerras en territorios donde no había guerras, guerras que crean problemas y mala sangre. Hay en la Historia mil ejemplos. En territorios donde el 100% de las personas habla español y nadie quiere eliminar las otras lenguas, las minoritarias, ¿a qué ese conflicto? Las lenguas comunes se han inventado para unir, para entenderse dentro y fuera. Y las minoritarias tienden a perder esas guerras. Puigcercós teme que podría haber una Cataluña independiente que hablara castellano. No me extrañaría, ya ven Irlanda: independiente y hablando inglés. Y lo peor que podría pasarles a las lenguas minoritarias es ganar esas guerras. Quedarían reducidas a mínimos territorios aislados.
Esos nacionalistas deberían estudiar un poco de historia lingüística. Disculpen que les recomiende un libro mío, mi Historia de las lenguas de Europa, que voy a sacar tras el verano. Habla de las lenguas comunes: no es cosa sólo de España, sino que es un fenómeno europeo y general. Igual que en España, en las grandes naciones solo hay una sola lengua común. A partir de territorios mínimos se crearon y difundieron las grandes lenguas comunes, buscadas por todos. No solo el castellano, hecho luego español, también el francés y tantas lenguas más.
Así el alemán (el dialecto franconio de Lutero), y el inglés (producto de la fusión de varias lenguas germánicas y una dosis de francés), el italiano (el florentino, no generalizado hasta el siglo XIX), el ruso en su variante de Moscú, del XVIII. Y otras lenguas comunes más. Son un fenómeno socio-político-cultural, responde a la necesidad de entenderse en un amplio territorio. Como en la Antigüedad griega y romana. Es algo prepolítico y postpolítico, solo secundariamente político. Y a nadie se le ha ocurrido enfrentar al alemán con el «okattdeutsch», una lengua diferente, o al italiano con el napolitano y el véneto, ni siquiera con el corso que es también una lengua diferente. Porque el estado natural de las lenguas no es ése de las grandes lenguas comunes, estas son una creación de la historia. Es el de un pulular de lenguas y dialectos. Dicen que en la mitad de Nueva Guinea hay 750. ¿Y qué decir de la América precolombina (donde fueron los misioneros quienes, para difundir su doctrina, extendieron el nahua, el quechua, el guaraní)? ¿Y del África negra?
Las grandes culturas europeas, y otras no europeas como la árabe y la china, expandieron grandes lenguas comunes. Para entenderse en el ámbito personal, en el ámbito cultural, en el administrativo, el económico. No excluían la existencia de otras lenguas, ciertamente. Pero someter a las lenguas comunes a castigo y persecución es regresión. Mal para todos. Es ir contra la historia, el mutuo entendimiento y el progreso.
Hoy el español es la segunda lengua internacional (el hindi y el chino, con más hablantes, no son internacionales). Une no solo a los pueblos de España sino a muchos otros más. Crece. Eso sí, tiene un problema en España, todos lo saben. Creo que ya sería el momento de poner una solución racional a un problema nada racional, un problema en realidad inexistente, fomentado artificialmente. Pero nadie se atreve, ni Gobiernos ni instituciones, temen agravar las cosas.
Pero las cosas, no atendidas, se agravan solas. Se está viendo. Con una lengua común, cierto que obligatoria, es suficiente, para eso se inventaron. Y la lengua común, en Cataluña, en España y en veinte naciones y para mucha gente más, es el español. Hay en América y España, aquí y allá, además, lenguas entrañables. Pero minoritarias: con una obligatoria, que entiendan todos, es suficiente. No hay que forzar las cosas. Sin agravio para nadie. Con respeto para todos.
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14:51 Écrit par SaGa Bardon dans Actualidad 

domingo, febrero 09, 2014

El arzobispo franciscano de Tánger denuncia el tratamiento inaceptable de los emigrantes africanos


 

 

Para Fray Santiago Agrelo Martínez, arzobispo de Tánger, los acontecimientos de estas últimas semanas, en el territorio de su propio arzobispado, en los territorios vecinos y en las aguas del Mediterráneo, reclaman transformar la suavidad de la exhortación en denuncia de lo que es inaceptable.
Los destinatarios de esta denuncia son no solamente los responsables, tanto regionales o nacionales y europeos, de las políticas migratorias practicadas en Europa, sino también los electores europeos, que no desautorizan con su voto a los políticos que las legalizan, entre los cuales hay que denunciar también, con ineludibles argumentos evangélicos, a los creyentes cristianos que son inconsecuentes con sus propias creencias.
Lo inaceptable:
Es inaceptable que la vida de un ser humano tenga menos valor que una supuesta seguridad o impermeabilidad de las fronteras de un estado.
Es inaceptable que una decisión política vaya llenando de sepulturas un camino que los pobres recorren con la fuerza de una esperanza.
Es inaceptable que mercancías y capitales gocen de más derechos que los pobres para entrar en un país.
Es inaceptable que las políticas migratorias de los llamados países desarrollados ignoren a los empobrecidos de la tierra, vulneren sus derechos fundamentales, y se conviertan en el caldo de cultivo necesario para multiplicar en los caminos de los emigrantes las mafias que los explotan.
Es inaceptable que haya fronteras impermeables para los pacíficos de la tierra, y no las haya para el dinero de la corrupción, para el turismo sexual, para la trata de personas, para el comercio de armas.
Es inaceptable que la política obligue a las fuerzas del orden a cargar la vida entera con la memoria de muertes que nunca quisieron causar.
Es inaceptable que el mundo político no tenga una palabra creíble que dar y una mano firme que ofrecer a los excluidos de una vida digna.
Es inaceptable que a los fallecidos en las fronteras se les haga culpables, primero de su miseria, y luego de su muerte. Ellos no son agresores: han sido agredidos desde que sus corazones empezaron a latir al sur del Sahara, hasta que se paran para siempre en las aguas de nuestra indiferencia.
Es inaceptable que el negrero de ayer perviva en los gobiernos que hoy vuelven a encadenar la libertad de los africanos, supeditándola a los intereses económicos de un poder opresor.
◊ Desde la impotencia a la esperanza: ◊
Queridos: ante el drama de sufrimientos y muerte en que el poder ha convertido los caminos de los emigrantes, es difícil que apartemos de nuestro corazón sentimientos de frustración, de impotencia, de tristeza, de indignación. Pero nuestro compromiso con la vida de los pobres no nace de esos sentimientos, sino de un amor incondicional, un amor fiel, que a todos se nos ha manifestado, y que a todos nos ha reunido para siempre en el único cuerpo de Cristo.
"No te cierres a tu propia carne": no te cierres al sufrimiento de Cristo.
En este camino el poder no puede seguirnos. A él sólo le pedimos que sea justo. A nosotros el amor nos pide dar incluso la vida por el bien de los demás.
Y son muchas las cosas que, hasta dar la vida, podemos hacer: Tenemos la fuerza del amor y de la oración, una fuerza que es capaz de mover el mundo.
Podemos hacer que los emigrantes no estén solos en su camino, y podemos dejar solos a quienes, gobiernos o mafias, les están robando la vida.
Podemos compartir con el emigrante nuestro poco de leña, nuestro poco de agua, la última harina de nuestra vasija, el último aceite de nuestra alcuza.
Podemos darles voz para que se escuche su grito,
podemos llamar a las puertas de cada conciencia para que la sociedad reclame una nueva política de fronteras, y, con terquedad de discípulos de Jesús,
podemos recordar a cada hombre que es su propia carne, también la de Cristo, la que, día a día, es condenada a muerte en las fronteras del sur de Europa.
Queridos: no me dejéis sin vuestra oración
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18:34 Écrit par SaGa Bardon dans Actualidad 

domingo, enero 26, 2014

Allégorie du verre qui ne déborde jamais


"El vaso que nunca rebosa", "Le verre qui ne déborde jamais", fondement hypothétique de cette allégorie, est le récipient qui sert à boire, dont le contenu ne peut jamais dépasser sa capacité pour se répandre.
En cherchant des concordances pour cette locution dans le passé de l'espagnol, depuis ses origines jusqu'à aujourd'hui, je n'ai trouvé aucune occurrence. J'en ai trouvé une, au XVIème siècle, pour le syntagme verbal "nunca rebosa" mais avec pour sujet le syntagme nominal "la mar", dans la phrase "Por qué la mar nunca rebosa, ni se aumenta, ni engrandece", "Pourquoi la mer ne déborde jamais, ni augmente, ni grandit".
"On pourrait se demander pourquoi, alors que dans la mer se génère tellement d'eau et y entrent continuellement tellement de fleuves et de rivières, elle ne déborde jamais ni augmente. Pour expliquer cela il y a différentes causes, énoncées par Alberto Magno dans le second livre Des Météores, où il dit : "La mer n'augmente pas et ne grandit pas parce qu'elle est le réceptacle naturel de toutes les eaux et leur lieu tranquille, et le lieu ne peut pas déborder avec l'introduction de l'objet qui, par nature, doit être dans ce lieu, parce que le lieu doit s'adapter à ce qu'il inclut selon la nature". Ainsi, la mer a la capacité nécessaire pour recevoir en elle toutes les rivières et, par leur arrivée, ni déborder ni augmenter." (1).
Je me demande si cette conception de la mer comme "réceptacle naturel de toutes les eaux et leur lieu tranquille" n'a pas transformé en "verres qui ne débordent jamais" certains citoyens qui trahissent leur devoir de solidarité avec leurs concitoyens en ne se comportant pas comme des "vases communicants".
"Le verre qui ne déborde jamais", pris métaphoriquement, au service de l'allégorie, comme opposé aux "vases communicants", serait le citoyen qui dans la vie sociale privatise tous les biens disponibles qui se trouvent à sa portée, comme s'il était "le réceptacle naturel de toutes les eaux et leur lieu tranquille", à la façon de la mer, sans permettre que ces biens se répandent, au service de tous ses concitoyens, par les vases communicants naturels que lui a obturés.
L'allégorie qui nous occupe ici réapparaît ces jours-ci avec force dans la bouche et sous la plume de deux jésuites très aimés et très connus : l'un d'eux est le Pape François et l'autre le vénérable père Francisco Oliva Alonso, distingué au Paraguay pour sa participation constante à la lutte que mènent les secteurs moins favorisés, et qui passe la majeure partie de sa vie de missionnaire en Amérique latine, où on l'a proposé pour le Prix Nobel de la Paix.
Je dis que cette allégorie réapparaît parce que sémantiquement elle est apparentée aux conceptions éthiques de l'enseignement universitaire du père José-María Díez Alegría sur la propriété privée, à la Faculté philosophique Complutense SJ de Alcalá de Henares, pendant les années soixante et septante du siècle passé.
1. Allégorie jésuite du verre qui ne déborde jamais, employée par le Pape François
"Quand je parle d'économie je ne parle pas du point de vue technique. Il y avait la promesse que, quand le verre déborderait, les pauvres en bénéficieraient, mais il arrive souvent que, quand le verre déborde, tout à coup il devient grand et son contenu n'arrive jamais aux plus nécessiteux".
Source du texte : Pape François, dans une entrevue dans le journal italien La Stampa, reprise par el diario.es/política, le 15.12.2013
2. Développement, par le père Francisco Oliva Alonso SJ, de la locution allégorique jésuite "LE VERRE QUI NE DEBORDE JAMAIS".
Quelqu'un avec de très bonnes intentions a dit que le capitalisme corrigerait lui-même ses propres manquements. Qu'il était comme un verre qui, en débordant, répandrait généreusement le contenu en sus parmi ceux qui posséderaient moins.
Quelque chose de très joli qui ne se réalise jamais. Et la raison est très simple. Chaque fois que le verre va déborder, on le remplace par un autre plus grand. Par égoïsme ou par la dynamique même de la concurrence. Celui qui s'arrête et freine est absorbé par un autre plus ambitieux qui, parce qu'il en a augmenté la taille, a toujours un verre à remplir.
Le résultat est que dans le monde en général et dans chaque nation en particulier, la croissance constante de l'économie s'arrête toujours chez ces 10 % les plus riches.
Comment se réalise pratiquement cette répartition nulle de ce qui était supposé rester ?
Avec les politiques d'austérité, de réduction des coûts (généralement sociaux) et l'augmentation des impôts, il y a un transfert continuel des classes du niveau économique le plus bas vers les plus nantis.
On nous impose que la croissance de la compétitivité des exportations s'obtienne grâce à une faible imposition sur elles (un exemple est le soja) ou grâce aux baisses de salaires dans les usines et les ateliers.
Et ceci nous amène à ce qu'on appelle le "contrat de zéro heures", par lequel les employeurs paient seulement les heures de travail dont ils ont besoin, tout en obligeant les travailleurs à être disponibles à toutes les heures quand ils en ont besoin.
Ce sont quelques exemples des raisons pour lesquelles les verres ne débordent jamais.
Quelle que soit la méthode employée, ou bien on arrive à ce que le verre déborde en encourageant la vertu de l'équité, en faveur des plus défavorisés, ou bien nous nous enfoncerons dans une économie instable, dans une société toujours en protestations et en dénonciations et dans une politique bloquée.
Et au fond subsiste cette bombe de temps social dont personne ne veut, mais que les 10 % les plus riches semblent mépriser.
Source : "El vaso que nunca rebosa",
Francisco Oliva Alonso SJ.
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Photo : SaGaBardon: Ilustración de la ◊ Alegoría del vaso que nunca rebosa ◊
(1) Consulta: "nunca rebosa", en 1400-2010, en todos los medios, en CORDE
Resultado: 3 casos en 1 documento.
Ficha técnica del caso citado:
AÑO: 1545
AUTOR: Medina, Pedro de
TÍTULO: Arte de navegar
PAÍS: ESPAÑA
TEMA: 16.Marinería
PUBLICACIÓN: CILUS (Salamanca), 1999
Página FOL.13V
Definiciones del Diccionario de la RAE empleadas en este artículo:
vaso.
(Del lat. vasum).
1. m. Pieza cóncava de mayor o menor tamaño, capaz de contener algo.
2. m. Recipiente de metal, vidrio u otra materia, por lo común de forma cilíndrica, que sirve para beber.
3. m. Cantidad de líquido que cabe en él. Vaso de agua, de vino.
...
rebosar.
(Del lat. reversāre).

1. intr. Dicho de una materia líquida: Derramarse por encima de los bordes del recipiente que la contiene. El agua del vaso rebosaba. U. t. c. prnl.
2. intr. Dicho de un recipiente: Exceder de su capacidad hasta derramarse su contenido. El vaso rebosaba. U. t. c. prnl.
3. intr. Dicho de una cosa: Abundar mucho. Le rebosan los bienes. U. t. c. tr.
4. intr. Dicho de un lugar: Estar exageradamente lleno. El cine rebosaba de gente dispuesta a ver la película.
5. intr. Estar invadido por un sentimiento o estado de ánimo con manifiesta intensidad. Rebosaba de satisfacción. U. t. c. tr.
6. intr. desus. Vomitar lo que se tiene en el estómago.
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